Pendant quatre ans, j’ai été à mon compte. Je dirigeais une EURL dans le domaine du coaching business et du développement personnel, spécialisée dans l’accompagnement des femmes cadres et entrepreneuses. J’avais fait le choix de passer de l’auto-entreprise à une EURL sur les conseils d’une agence marketing, car je venais de réaliser un chiffre d’affaires de 50 000 €. Le but était de pouvoir passer mes charges et structurer mon activité.
J’avais des packages de coaching de 3 à 6 mois, des coachs partenaires que j’avais recrutées en fonction de leur spécialité, et une activité de formation qui se développait bien. En apparence, tout roulait.
Mais dans l’ombre, les difficultés s’accumulaient : impayés, décalages de trésorerie, retards de paiement des centres de formation… Malgré un emprunt de 13 000 € pour maintenir l’activité à flot, je n’arrivais plus à payer mes prestataires, ni à me verser un salaire. L’élément déclencheur a été la perte d’un client majeur (un centre de formation qui représentait à lui seul 1/3 de mon chiffre d’affaires). En quelques semaines, tout s’est effondré.
J’ai pris la décision de fermer mon EURL, non pas de gaîté de cœur, mais par responsabilité : ma mère s’était portée caution sur le prêt, et je ne voulais pas la mettre en difficulté. J’ai donc fermé avant la faillite, par protection, et par lucidité.
Ce que j’ai ressenti
Ce choix a été un déchirement. J’ai éprouvé un profond sentiment d’échec, une perte de repères, une impression de recul après avoir été libre, autonome, ma propre boss. Je me suis sentie incomprise : peu de gens comprenaient mon métier, encore moins la charge mentale qu’implique une activité entrepreneuriale.
Je suis retombée sur mes pieds avec un CDI, mais je vivais ça comme un retour en arrière. Pourtant, avec le recul, je comprends que cette expérience m’a tout appris.

Les 7 grandes leçons que j’ai tirées
1. Le business, ce n’est pas du cœur, c’est du contrat
J’ai appris à mes dépens que la bienveillance et la gentillesse ne protègent pas. Tout doit être clair, écrit, encadré. On peut aimer ses clientes et vouloir les aider, mais sans contractualisation stricte, on s’expose à des impayés, des malentendus, des abus.
2. On ne force pas une vente
Quand tu baisses ton prix pour « aider », tu te trahis souvent toi-même. Et un prospect difficile devient presque toujours un client énergivore. J’ai appris à reconnaître la valeur de mes offres, à ne plus bafouiller quand je les présente.
3. L’argent, c’est de l’énergie à canaliser
J’avais des croyances limitantes très ancrées sur la valeur de soi, les « bons prix », la peur d’être trop chère… Aujourd’hui, je sais que le problème n’est pas l’argent, mais la relation qu’on entretient avec. Je travaille encore dessus, car ces blocages psychologiques se réactivent facilement.
4. L’entrepreneuriat est un miroir de tes schémas
Cette fermeture m’a permis une transformation personnelle profonde. J’ai fait un travail d’introspection, j’ai pris conscience de mes schémas restrictifs. J’ai dû apprendre à poser mes limites, revoir mon identité professionnelle, et revoir mes relations à l’argent, au succès et à la stabilité.
5. La paix mentale n’a pas de prix
Fermer a été un acte de libération émotionnelle. Je refusais d’entrer dans une spirale de dette et de pression. Aujourd’hui encore, je préfère un quotidien sûr et serein qu’une instabilité qui m’épuise. Accepter l’échec comme une fin d’étape, pas une fin de parcours.
6. L’entrepreneuriat t’offre une liberté que le salariat ne pourra jamais totalement remplacer
En CDI, j’ai la stabilité financière, mais plus ce luxe de démarrer la journée en slow life. Ce rythme imposé m’a rappelé à quel point j’aime choisir mon tempo.
7. Je suis faite pour être entrepreneure à ma manière
Ce que j’ai compris, c’est que je n’avais pas échoué. J’avais juste testé un modèle qui ne me correspondait plus. Aujourd’hui, je redémarre en side business, doucement mais sûrement, avec l’envie de revenir à l’auto-entrepreneuriat, plus souple, plus aligné avec mon quotidien actuel.

Ce que j’aimerais dire à celle qui hésitent à fermer
Tu n’échoues pas. Tu choisis de te protéger, de te recentrer, de t’écouter. Si ton intuition te dit que c’est le moment, alors fais confiance à ce message. La paix mentale n’a pas de prix.
Fermer un business, ce n’est pas reculer. C’est poser une pierre différente sur ton chemin. Avec plus de clarté, d’expérience, de courage.
Il y a de la place pour toi. Toujours. Même si tu recommences à zéro. Même si tu changes de cap. Même si tu fais autrement.
Et surtout : tu n’es pas seule.

